jeudi 7 septembre 2017

SEPTEMBRE 2017

L'esprit de pauvreté


On connaît l'éloge que le vicaire Joseph Sarto prononça de la signorita Elisabeth Viani, grande dame très humble, grande riche très aumônière, bienfaitrice de Tombolo (...) C'est une fort belle chose, cette oraison funèbre, en ceci notamment que le vicaire pauvre, fils de pauvres, louait la richesse chrétiennement employée, l'élevait à la haute dignité que l’Évangile reconnaît à la pauvreté, et déclarait que la première béatitude du sermon sur la Montagne, « Heureux les pauvres... » a été proclamée, par le Christ, pour les riches qui savent être pauvres.

« Je n'entends pas, disait-il, louer cette nécessaire et inévitable nécessité de la vie à laquelle sont condamnés ceux qui naquirent de familles sans ressources, et manquent de moyens pour améliorer leur condition, car, pour mériter l'éloge, ils doivent patiemment, transformer en vertu leur misère. Je n'appelle pas non plus vrais pauvres ceux qui, habillés en haillons, et vivant de mendicité, errent dans nos pays, parce que la plupart du temps, sous les apparences de la pauvreté, ils cachent une richesse de désirs : mais, selon la loi d'esprit et de vérité, j'appelle pauvre celui qui, même comblé de richesses, renoncent moralement, de cœur et de volonté, à tout le bien que la terre peut lui offrir. »

 (Pie X par René Bazin p 41,42)

Nous pourrions citer nombre d'exemples de la vie de ce saint où lui-même pratiquait cet esprit de pauvreté en faisant la Charité ... au grand désespoir de ses sœurs! Relisons bien vite une biographie de ce saint pour nous rafraîchir la mémoire.

Résolution

Examinons-nous sur la manière dont nous vivons ce véritable esprit de pauvreté (qui permet bien souvent de pratiquer la Charité autour de nous)

vendredi 11 août 2017

AOÛT 2017

Pratique de l'indulgence

L’esprit de dureté porte à juger sévèrement le prochain et à le condamner impitoyablement. Sentence conforme peut-être à la vérité et à la justice, mais qui franchement manque de mansuétude. Les moindres faux-pas sont relevés et soulignés avec aigreur. Devant les défauts corporels, les déficiences intellectuelles, les fautes morales, la critique s’exerce, acerbe jusqu’à la cruauté. Si encore ces redresseurs de torts et incorruptibles justiciers voulaient bien admettre certaines excuses et reconnaître quelques circonstances atténuantes ! Loin d’exciter la pitié, la misère d’autrui ne fait chez eux que provoquer l’irritation et le mépris.

Au lieu de voiler certaines plaies douloureuses ou honteuses, il semblerait qu’on se fait un malin plaisir de les mettre à nu et de les débrider.

Partout il se rencontre des tempéraments difficiles, ombrageux, susceptibles, des caractères acariâtres, grossiers, exigeants. Beaucoup s’en plaignent amèrement, sans aménité. Quant à la miséricorde, elle se contente de les plaindre gentiment de les supporter. Portare onerosos et graves.

A cette dureté de pensée, de parole et d’attitude à l’égard de la masse incroyante, communisante, païenne, ne serions-nous pas facilement exposés, nous les privilégiés de la grâce : catholiques, religieux, prêtres ?

Les englobant tous dans un jugement sommaire et sans appel, nous les taxons volontiers de mauvaise foi, de secta­risme, d’impiété, alors que beaucoup d’entre eux ne sont que de pauvres égarés, que la misère a aigris et que l’infor­tune a révoltés. Nés comme eux de parents, parfois indignes et tarés, élevés sans foi ni moralité, jetés sans défense dans une société corrompue, que serions-nous devenus nous-mêmes ? Intransigeants quand il s’agit des droits de la vérité, ne pourrions-nous user de miséricorde vis-à-vis des personnes, dont beaucoup sont plus dignes de pitié que d’exécration. Au demeurant, qu’avons-nous fait pour les éclairer et les ramener au bercail ?

« Commencer, selon le conseil de Pascal, par plaindre les incrédules ; ils sont assez malheureux par leur condition. Il ne les faudrait injurier qu’en cas que cela servit, mais cela leur nuit. » « Vous qui êtes dans l’Église, n’insultez point ceux qui sont au dehors, mais priez plutôt, afin qu’ils viennent vous y rejoindre1. »

Facilement, si on n’y veille, l’esprit de dureté dégénère en aversion, laquelle se traduit dans l’attitude et toute la conduite. Alors que la charité rapproche, unit et que la miséricorde s’incline et s’épanche, l’esprit d’aversion éloigne, sépare, ferme le cœur et le durcit. Il fait prendre en grippe les frères disgraciés ou coupables. On ne peut plus les voir, dit-on, tellement ils sont insociables ou rebutants. On va donc éviter leur présence, fuir leur compagnie et se réserver de les aimer à distance.

Mais alors, de quel œil et avec quelle tristesse, verront-ils cette « excommunication », tous ses malheureux, qui bien souvent, conscients de leurs déficiences et misères, sont les premiers à en souffrir ? Seraient-ils donc des lépreux à tenir à l’écart de la société ? De tels sentiments d’aversion, si on n’y veille, ne peuvent conduire qu’à la malveillance et à la haine.

A cet esprit d’indifférence, de dureté, d’aversion, la jeunesse est plus particulièrement exposée. C’est que l’exercice de la miséricorde exige, avec pas mal de sagesse et de lumières sur la misère humaine, une certaine expérience de la souffrance et de la vie.

Pour s’apitoyer, il faut avoir soi-même souffert. Qui a expérimenté combien il est doux et consolant de rencontrer sur son chemin une âme bonne qui, prenant part à nos peines, nous encourage, nous relève, celui-là sera porté lui aussi à rendre à l’occasion le même service de charité.

« On a le cœur ouvert à la pitié, dit Aristote, quand on se croit exposé à souffrir, quand on est vieux, parce que l’âge nous a appris à réfléchir sur les choses et nous a donné une rude expérience, quand on est éclairé parce qu’alors on voit juste. »

Toutes qualités assez rares chez les jeunes et dont l’absence leur vaut parfois la réputation d’être sans cœur et sans pitié.

Et ne serait-ce point pour ce motif encore que certains confessionnaux sont si achalandés ? On y rencontre quelque bon vieux père qui en a tant entendu, qui a tant pardonné et qui sait bien, peut-être un peu aussi par expérience personnelle, ce que c’est que la pauvre humanité !

R.P. Colin (Aimons nos frères, p 365-367)
 
Sur ce même sujet, nous ne pouvons que vous recommander ce sermon de M. l'abbé Salenave
 

 Résolution

Chaque soir, examinons-nous sur notre manière de considérer ou de parler des pécheurs (ou de ceux que nous considérons comme tels) ... 

samedi 1 juillet 2017

JUILLET 2017


La Foi, colonne vertébrale de la Charité



 

Résolution

 Comme Mgr Williamson nous le conseille, supportons paisiblement ce que nous ne pouvons changer. Et surtout, ne méprisons pas nos semblables;  ayons de la compassion , ce qui n'est pas la mollesse ou la faiblesse en doctrine car la Foi est la colonne vertébrale de la Charité.

dimanche 4 juin 2017

JUIN 2017

En ce mois de juin, il nous est tout indiqué de remonter à la source de la Charité dans le Sacré-Cœur de Notre-Seigneur, afin de pouvoir ensuite rayonner cette charité dans nos familles, nos communautés, nos "bastions".

Laissons parler le R.P. Kergousin qui, dans son livre "Vers un Ciel plus beau", nous présente la dévotion au Sacré-Cœur comme moyen d'accroître en nous la Charité.

La dévotion au Sacré-Cœur




Parmi les moyens propres à faire naître et grandir en nous la charité parfaite, la dévotion au Sacré-Cœur est au premier rang. Pratiquée comme elle doit l'être, elle produit infailliblement la charité, et non pas une charité quelconque, mais une charité très fervente et très intense. Notre-Seigneur nous en a fait la promesse. « Je te promets, disait-il à sainte Marguerite-Marie, que mon cœur se dilatera pour répandre avec abondance les influences de son divin amour sur tous ceux qui l'honoreront. La dévotion à mon cœur fera naître mon amour dans le cœur des plus insensibles et embrasera celui des moins fervents. Publie partout, inspire, recommande cette dévotion comme un moyen très sûr d'obtenir de moi un véritable amour de Dieu, comme une dévotion des plus propres à obtenir un amour très ardent et très tendre pour moi, et pour arriver en peu de temps, et d'une manière fort aisée, à la plus sublime perfection. »

Cette promesse, Jésus ne peut manquer de la réaliser, et il la réalise toujours en faveur de ceux qui sont vraiment dévots à son Sacré-Cœur.


Quand il montrait à sainte Marguerite-Marie son cœur passionné d'amour pour les hommes et incapable de contenir plus longtemps en lui-même les flammes de l'ardente charité qui le dévorait, il voulait, en nous révélant son amour, provoquer, de notre part, un retour d'amour pour lui. « Si tu savais, dit-il à sa confidente, combien je suis altéré de me faire aimer des hommes, tu n'épargnerais rien pour cela. J'ai soif! Je brûle du désir d'être aimé! »
 

« Jésus, dit sainte Marguerite-Marie, régnera malgré ses ennemis et se rendra le maître et le possesseur de nos cœurs, car c'est sa principale fin, dans cette dévotion, que de convertir les cœurs à l'amour. » « Il me fit voir que l'ardent désir qu'il avait d'être aimé des hommes lui avait fait former ce dessein de manifester son cœur aux hommes, avec tous les trésors d'amour, de miséricorde, de grâce, de sanctification et de salut qu'il contenait, afin que tous les cœurs qui voudraient lui rendre et lui procurer tout l'honneur, l'amour et la gloire qui seraient en leur pouvoir, il les enrichît avec abondance et profusion de ses divins trésors du cœur de Dieu, qui en était la source. Cette dévotion, disait-il, était comme un dernier effort de son amour, lequel il voulait établir dans le cœur de tous ceux qui voudraient embrasser cette dévotion. »




Non seulement Jésus provoque notre amour, en nous révélant l'amour de son cœur, mais il a le pouvoir de créer tous les jours davantage en nous la divine charité; ce pouvoir, il ne demande qu'à l'exercer, et il l'exerce effectivement dans la mesure où notre liberté le lui permet. « Son amour, dit sainte Marguerite-Marie, le presse de départir les trésors inépuisables de ses grâces sanctifiantes et salutaires dans les âmes de bonne volonté, cherchant des cœurs vides pour les remplir de la suave onction de son ardente charité, pour les consumer et les transformer en lui. » « Il a un si grand désir d'être connu, aimé et honoré des hommes, dans le cœur desquels il a tant de désir d'installer par ce moyen l'empire de son pur amour, qu'il promet de grandes récompenses à tous ceux qui s'emploieront à le faire régner. » « Que ne puis-je raconter tout ce que je sais de cette aimable dévotion et découvrir à toute la terre les trésors de grâces que Jésus-Christ renferme dans ce cœur adorable, et qu'il a dessein de répandre avec profusion sur tous ceux qui la pratiqueront! Les trésors de bénédiction et de grâces que ce Sacré-Cœur renferme sont infinies. Je ne sache pas qu'il n'y ait nul exercice de dévotion dans la vie spirituelle qui soit plus propre à élever en peu de temps une âme à la plus haute perfection et à lui faire goûter les véritables douceurs qu'on trouve au service de Jésus- Christ. Oui, je le dis avec assurance, si l'on savait combien cette dévotion est agréable à Jésus-Christ, il n'est pas un chrétien, pour peu d'amour qu'il ait pour cet aimable Sauveur, qui ne la pratiquât d'abord. Faites en sorte que les personnes religieuses l'embrassent; car elles en retireront tant de secours qu'il ne faudrait point d'autre moyen pour rétablir la première ferveur et la plus exacte régularité dans les communautés les moins réglées, et pour porter au comble de la perfection celles qui vivent dans la plus exacte régularité. » II ne faut que l'aimer, ce Saint des saints, pour devenir saint. Qui nous empêche donc de l'être, puisque nous avons un cœur pour aimer et un corps pour souffrir? »
 

Saint Jean l’Évangéliste parlant à sainte Gertrude de la révélation du Sacré-Cœur, lui disait qu'elle était faite « afin qu'en entendant ces mystères le monde à son déclin reprenne quelque chaleur et se réveille de la torpeur où le plonge l'oubli de l'amour de Dieu. »
 

« Je suis venu apporter le feu sur la terre, nous a dit Jésus lui-même, et qu'est-ce que je veux, sinon qu'il s'allume? » C'est afin que ce feu de la divine charité s'allume dans tous les cœurs et les embrase, que Jésus nous a offert, en nous présentant son cœur, le précieux don de son amour; c'est le don qu'il désire le plus vivement nous communiquer. « Jésus n'a rien de plus à cœur que d'allumer dans le cœur des hommes la flamme d'amour dont son propre cœur était embrasé. Pour mieux réussir, il a voulu que s'établit et se propageât dans l’Église le culte de son très saint Cœur (1). » « Jésus n'a pas de plus ardent désir que de voir allumer dans les âmes le feu de l'amour dont son propre cœur est dévoré. Allons donc à Celui qui ne nous demande, comme prix de sa charité, que la réciprocité de l'amour (2). »




Oui, allons à Jésus avec confiance et pratiquons, aussi parfaitement que possible, cette admirable dévotion à son Sacré-Cœur. Ce cœur est le foyer de l'amour divin; à son contact, notre propre cœur s'enflammera et s'embrasera, selon la promesse que Jésus nous en a faite, de l'amour le plus pur et le plus tendre pour cet aimable Sauveur. Rien de plus conforme à la réalité que cette douce invitation mise par le Bienheureux de Montfort sur les lèvres de Jésus :
 

Veux-tu brûler à ton aise?
Jette-toi vite dans mon cœur.
C'est un feu, c'est une fournaise,
Ou plutôt c'est l'amour vainqueur.

Oui, car ce cœur est toujours brûlant du feu de l'Esprit-Saint, et il transforme en soi tous ceux qui s'y réfugient pour y chercher la charité. C'est pourquoi, « très doux Seigneur, source des joies intimes, laissez-moi pénétrer, par l'ouverture de votre sacré côté, dans le sanctuaire de votre cœur très aimant et très aimable, pour prendre le breuvage de l'amour à cette source sacrée, afin que mon cœur s'unisse à votre cœur dans un amour indestructible, qu'il s'enflamme d'amour pour vous, que ma volonté s'unisse à votre volonté, que je ne veuille jamais rien, que je ne puisse jamais rien vouloir que ce qui vous plaît, que vous demeuriez en moi et moi en vous, et que cette union subsiste éternellement! Que je vous aime donc, ô cœur de Jésus, mon Dieu, que je vous aime de tout mon cœur, toujours, en tout et par-dessus tout, dans le temps et dans l'éternité! Amen! (3) »

Tel est l'amour que produit la dévotion au Sacré-Coeur.

(1) Pie IX, Bref de Béatification de Marguerite-Marie.
(2) Encyclique 1893.
(3) Pharetra divini amoris, ch. I, Exercitium ad piissimum cor Jesu.



mercredi 3 mai 2017

MAI 2017



Savoir s'oublier




“une dame plus brillante que le soleil”.

 « Nous étions en train de jouer, François, Jacinthe et moi, en haut de la pente de la Cova da Iria, à construire un mur autour d’un buisson, quand soudain nous vîmes comme un éclair.
              Il vaut mieux retourner à la maison, dis-je à mes cousins, car voici des éclairs, il pourrait venir de l’orage.
              Oh oui !
Et nous commençâmes à descendre la pente, poussant les brebis en direction de la route. En arrivant plus ou moins à la moitié de la pente, à peu près à la hauteur d’un grand chêne-vert qui se trouvait là, nous vîmes un autre éclair et, après avoir fait encore quelques pas, nous vîmes, sur un petit chêne-vert, une Dame, toute vêtue de blanc, plus brillante que le soleil, irradiant une lumière plus claire et plus intense qu’un verre de cristal rempli d’eau cristalline, traversé par les rayons du soleil le plus ardent. »
« Nous nous arrêtâmes surpris par cette Apparition. Nous étions si près que nous nous trouvions dans la lumière qui l’entourait, ou plutôt qui émanait d’Elle, peut-être à un mètre et demi de distance, plus ou moins.
Alors Notre-Dame nous dit :
              N’ayez pas peur, je ne vous ferai pas de mal
              D’où vient Votre Grâce ? lui demandai-je.
              Je suis du Ciel.

LE RENDEZ-VOUS CÉLESTE.

              Et que veut de moi Votre Grâce ?
              Je suis venue vous demander de venir ici pendant six mois de suite, le 13, à cette même heure. Ensuite, je vous dirai qui je suis et ce que je veux. Après, je reviendrai encore ici une septième fois.

LA VOCATION DU CIEL.

              Et moi aussi, est-ce que j’irai au Ciel ?
              Oui, tu iras.
              Et Jacinthe ?
              Aussi.
              Et François ?
              Aussi, mais il devra réciter beaucoup de chapelets.
Je me souvins alors de poser une question au sujet de deux jeunes filles qui étaient mortes depuis peu. Elles étaient mes amies et elles venaient à la maison apprendre à tisser avec ma sœur aînée.
              Est-ce que Maria das Neves est déjà au Ciel ?
              Oui, elle y est
Il me semble qu'elle devait avoir environ seize ans.
-          -      Et Amélia ?
              Elle sera au purgatoire jusqu’à la fin du monde.
Il me semble qu’elle devait avoir entre dix-huit et vingt ans.

la vocation de la souffrance .

              Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souf­frances qu’il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés par lesquels il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs ?
              Oui, nous le voulons.
              Vous aurez alors beaucoup à souffrir, mais la grâce de Dieu sera votre réconfort.

la vision en dieu. 

« C’est en prononçant ces dernières paroles (la grâce de Dieu, etc.) que Notre-Dame ouvrit les mains pour la première fois, et nous communiqua, comme par un reflet qui émanait d’elles, une lumière si intense que, pénétrant notre cœur et jusqu’au plus profond de notre âme, elle nous faisait nous voir nous-mêmes en Dieu, qui était cette lumière, plus clairement que nous nous voyons dans le meilleur des miroirs.
« Alors, par une impulsion intérieure qui nous était communiquée, nous tombâmes à genoux et nous répétions intérieurement: “Ô, Très Sainte Trinité, je vous adore. Mon Dieu, mon Dieu, je Vous aime dans le très Saint-Sacrement. ” »

“REGINA PACIS”.

 « Les premiers moments passés, Notre-Dame ajouta :
              Récitez le chapelet tous les jours afin d’obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre.
              Pouvez-vous me dire si la guerre durera encore longtemps, ou si elle va bientôt finir?
              Je ne puis te le dire encore, tant que je ne t’ai pas dit aussi ce que je veux. »

le ciel S’entrouvre. 

« Ensuite, Elle commença à s’élever doucement, en direction du levant, jusqu’à disparaître dans l’immensité du ciel. La lumière qui l’environnait semblait lui ouvrir un chemin entre les astres, ce qui nous a fait dire quelquefois que nous avions vu s’ouvrir le ciel. »

Résolution 

Lucie, lors de sa conversation avec Notre-Dame, s'oublie bien vite pour penser aux autres.  A son exemple, n'attendons pas qu'on nous demande un service avant de le rendre; oublions-nous en étant  attentif aux autres.



samedi 1 avril 2017

Avril 2017



Sans la joie, pas de Charité !





(Extrait de : Traité de la Joie de l’âme chrétienne du Père de LOMBEZ)

La joie est nécessaire à l’homme

    Oui, la joie n’est pas seulement utile, mais encore très nécessaire à l’homme. Comment pourrait-il, sans elle, supporter toute la vie les travaux de la pénitence, vivre dans la solitude, s’il y est appelé, soutenir une guerre continuelle contre les ennemis de son salut ? Comment pourrait-il vivre en paix avec les hommes ? Comment pourrait-il rendre à son prochain les services auxquels la charité l’oblige, et les lui rendre d’une manière à adoucir ses peines et à faire naître dans son cœur des sentiments d’une charité réciproque ? Comment remplirait-il le précepte de saint Paul, qui ordonne d’exercer d’un air joyeux, les œuvres de miséricorde. La joie donne de l’agrément à tout ce qu’on dit, et à tout ce qu’on fait, au lieu que l’amertume du cœur rend tout insipide et ôte presque tout le prix aux plus grands services. Elle gâte le caractère, obscurcit les talents et défigure même l’homme le plus aimable d’ailleurs. Ne m’appelez plus Noémi, c’est-à-dire Belle, disait une sainte femme, mais appelez-moi Mara : car j’ai le cœur plein d’amertume.

   Mettez un homme aux prises avec la mauvaise fortune, et ôtez-lui la joie, vous le jetez dans le dernier malheur, et vous le conduirez peut-être à l’abîme du désespoir. C’est un Antiochus qui perd le sommeil, qui sèche et qui dépérit. Rendez la joie à cet homme, ses idées changent avec la disposition de son cœur. Il considère la brièveté de la vie, le mérite de sa patience, la récompense éternelle que Dieu lui a promise.  C’est un Job qui, tombé du faîte de la fortune, est content et bénit Dieu sur son fumier.

   Ames pieuses, votre vertu m’édifie et je compatis aux terribles sensations que vous devez nécessairement éprouver et que vous éprouvez en effet. Vous avez dû vous préparer ; ces épreuves, lorsque vous êtes entrées au service de Dieu.

   Fili, accedens ad servitutem Dei, sta [...]  et prœpara animant tuam ad tentationem.

   Et déjà vous avez reconnu que la ferme résolution et la confiance en Dieu, avec la joie qu’elles font naître dans le cœur, vous remplissent de force dans les plus violentes secousses de la tempête. Je vous vois dans un nuage épais, qui forme une nuit dans le milieu du jour, tantôt élevées jusqu’aux cieux, tantôt abaissées jusque dans les abîmes, par les différentes impressions des orages et des vents ; tantôt poussées vers le port ; tantôt rejetées par les vagues ; mais votre sérénité et le calme de votre âme déconcertent vos ennemis ; et, la tempête apaisée, vous jouissez d’un repos tout divin. Je vous vois quelquefois craindre, hésiter, trembler, et à ce moment enfoncées dans les eaux ; mais dès que Jésus-Christ parle, et que la joie revient avec la confiance, je vous vois, comme le Prince des apôtres, marcher à pied ferme sur les vagues des tentations soulevées par vos ennemis.

   Rien de plus affligeant qu’une longue et fâcheuse maladie, qui nous sépare des hommes, nous interdit tous les plaisirs ; joint l’amertume des remèdes à l’aigreur du mal, et ne nous laisse aucun soulagement à de cuisantes et continuelles douleurs. C’est l’état, sans doute, le plus capable de nous faire perdre la joie, qui ne nous fut cependant jamais plus nécessaire. Si le noir chagrin s’emparait de cet homme, dévoré par la cruelle maladie, que n’y aurait-il pas à craindre pour sa vie et pour son salut ? Mais vous, mon Dieu, qui êtes tout proche des âmes affligées pour les consoler dès qu’elles se tournent vers vous, vous faites luire à propos un rayon de votre lumière dans ce cœur, et la joie revient, et il est content au milieu des souffrances. C’est un Ezéchias qui adore votre conduite et qui baise tendrement votre main sur le lit de sa douleur.


   S’agira-t-il de consoler une personne affligée, c’est une des plus grandes fonctions de la charité : mais comment pourrons-nous remplir ce devoir, si nous sommes affligés nous-mêmes ? On n’inspire aux autres que les sentiments dont on est pénétré. Le cœur parle au cœur comme la langue à l’oreille et l’esprit à l’esprit. L’abord d’une personne sérieuse et morne glace même les cœurs dilatés par la joie, bien loin de pouvoir bannir la tristesse. Je veux bien que vous pleuriez avec ceux qui pleurent, comme saint Paul vous y exhorte, et que par conséquent votre joie soit tempérée par votre compassion. Vous offenseriez la personne affligée, si vous ne lui montriez que de la gaieté ; mais il faut que, de même que le soleil dissipe peu à peu le nuage qui le couvrait et ramène d’abord une sérénité qui réjouit, et bientôt après une chaleur qui ranime, ainsi la joie, renfermée dans votre cœur, perçant insensiblement le voile de deuil qui le couvre, porte d’abord la lumière dans l’esprit de l’homme affligé, et ensuite la douce paix dans son cœur.

   La tristesse trouble l’esprit et affaiblit le jugement; elle nous rend soupçonneux, ombrageux, timides, incapables de conduire les autres et plus encore de nous conduire nous-mêmes.



Résolution

    Par plusieurs actes intérieurs de joie chaque jour, nous tâcherons de nous maintenir dans cette joie si nécessaire pour pratiquer la Charité.

mercredi 1 mars 2017

Mars 2017

Saint Joseph et le silence


Homme de silence, Joseph demeure un en­seignement vivant pour notre époque et pour notre monde. Sans doute le silence est-il une valeur à n'importe quelle époque. Mais la nôtre se caractérise par une multiplication du bruit et de la parole, due au développement des techniques de diffusion. Grâce à ces techniques, la parole humaine se répand beaucoup plus facilement, et les hommes s'adressent plus souvent à leurs semblables. Ce progrès a beaucoup d'avantages; toutefois il fait courir le danger d'une diminution de la vie intérieure. Certaines existences risquent de s'évanouir dans les satisfactions superficielles que prodiguent à l'intelligence et aux sens les in­ventions du monde moderne.

Joseph rappelle qu'on ne peut accueillir le Christ et son mystère que par du silence. C'est ce silence qui lui a permis, en même temps qu'à Marie, de «conserver dans son cœur» et de «méditer» le mystère dont il était le témoin (Lc II, 19 ; 51). S'il avait dissipé son attention en de vaines paroles, il n'aurait pu garder son regard contemplatif fixé sur Jésus.

Il y a des personnes qui ont peur du silence, parce qu'elles craignent de se retrouver en face d'elles-mêmes. Joseph a aimé le silence parce qu'il désirait se retrouver en face de Dieu. Il ne redoutait pas l'ennui de la solitude, parce que toute solitude était pour lui une présence divine plus actuelle.

Il montre qu'il n'est pas nécessaire, pour se maintenir dans le silence, de s'enfermer dans un monastère. Joseph portait dans le secret de son âme son propre cloître. Il invite tout chrétien à faire de même, à s'efforcer de garder en soi un asile de silence. Plus une vie est agitée ou encombrée, plus elle a besoin de ce refuge paisible où l'âme se retrouve dans sa véritable destinée, en face du Seigneur.

Lui qui a vécu si intensément en compagnie de Jésus, veut nous entraîner à goûter davantage par le silence la compagnie du Maître qui a voulu demeurer en nous.

Père J. Galot, s.j.
(Saint Joseph) 

Résolution 


Profitons de ce mois de mars pour, à l'exemple de Saint Joseph, "reprendre contact" avec Dieu dans le silence plusieurs fois par jour.  

"Aimer Dieu de tout notre esprit, c'est diriger vers Lui toutes nos pensées." (Catéchisme de Saint Pie X)

mardi 28 février 2017

Février 2017


François de Fatima, consolateur


Le texte suivant est extrait de Toute la vérité sur Fatima Tome I ( p 49 à 55)

“TRISTE JUSQU’À LA MORT”. Cette “tristesse divine”, Jésus, « l’Image du Père», le Fils unique et bien-aimé nous en a donné l’expression parfaite, en la vivant réellement dans son âme, dans sa sensibilité d’homme qui s’est voulu passible et vulnérable comme nous. Au jardin de l’agonie, il a voulu ressentir l’angoisse humaine jusqu’à son paroxysme, à la mesure de sa divine tristesse de nos péchés: « Mon âme est triste à en mourir » ', « et sa sueur devint comme des grosses gouttes de sang qui tombaient jusqu’à terre». Et comment cette tristesse du Fils n’aurait-elle pas été aussi et d’abord la grande tristesse du Père ? Car « qui me voit, voit le Père».


“EN AGONIE JUSQU’À la FIN du monde”. Mais, mystère plus étonnant encore, ressuscité des morts, exalté dans les cieux où il siège dans la Gloire et la Joie infinie de son Père, notre Sauveur souffre encore, à cause des pécheurs. Les apostats, tous ceux qui le renient, lit-on dans l’Épître aux Hébreux, « crucifient de nouveau pour leur compte le Fils de Dieu, et le bafouent publiquement »». Et c’était lui que Saul persécutait dans la personne de ses disciples devenus les membres de son Corps. Oui, la Passion de Jésus continue, quoique d’une autre manière, et elle continuera jusqu’à la fin du monde, aussi longtemps que les hommes ingrats continueront à l’offenser.


N’est-il pas remarquable, qu’ayant voulu laisser à son Église l’image miraculeuse de sa Face divine, Jésus ait choisi de nous la montrer douloureuse, empreinte d’une mortelle tristesse et toute défigurée par les marques de sa cruelle Passion ? Notre Sauveur ressuscité, sorti vainqueur du tombeau aurait pu nous laisser de son Visage une image resplendissante de gloire. Mais non, il ne l’a pas voulu. Il a choisi de faire contempler aux hommes sa Face outragée de “ Serviteur souffrant”. Et pourquoi ? Pour que cette authentique photographie de son Corps inscrite sur son linceul les invite, jusqu’à la fin du monde, à en avoir compassion, et à se convertir.


“CONSOLEZ VOTRE DIEU !” Dans cette agonie, comme à Gethsémani, Jésus cherche des consolateurs : « J’espérais la compassion, mais en vain, des consolateurs et je n’en ai pas trouvé... » Et c’est encore la même plainte et le même appel qu’à Paray-le-Monial Jésus fera entendre à sainte Marguerite-Marie, en lui montrant son Cœur entouré d’épines.


Cette révélation stupéfiante, ce dévoilement du Cœur de Dieu, de cette tristesse qui est le signe suprême, incontestable, de son amour pour nous, la vie du petit François en a été marquée profondément, et c’est le grand message qu’il nous lègue.


«DIEU EST SI TRISTE, À CAUSE DE TANT DE PÉCHÉS! »
 
« J’ai beaucoup aimé voir l’Ange, confiait-il après le 13 mai, mais j’ai aimé encore davantage voir Notre-Dame. Ce que j’ai le plus aimé, ce fut de voir Notre-Seigneur dans cette lumière que Notre-Dame nous a mise dans la poitrine. J’aime tellement Dieu ! Mais Lui, Il est si triste à cause de tant de péchés ! Nous, nous ne devons jamais en faire aucun. »


De nouveau introduit par la Vierge Sainte dans la divine Lumière et le mystère même de Dieu, ce sera encore cette indicible tristesse qui émouvra le plus le petit voyant le 13 juin et de nouveau le 13 juillet. Il prononcera alors cette parole saisissante : « Comment est Dieu ? L’on ne peut pas l’expliquer ! Oui, vraiment personne ne pourra le dire ! Mais cela fait de la peine qu’il soit si triste! Ah! si seulement je pouvais le consoler ! » Parole mystérieuse, mais d’une profondeur abyssale. Plus vraie et certainement plus utile, dans son laconisme, que tant de vaines spéculations des philosophes sur une impassibilité divine qui n’apparaît aux hommes que comme la marque et le signe d’un cœur froid et sec, solitaire, et sans amour autre que de lui-même. Mais si Dieu se montre triste à cause de nos péchés, c’est qu’il nous aime infiniment, en Père très bon qui pardonne aux cœurs repentants, mais qui sait qu’il finira par châtier, et de terrible manière, les rebelles et les cœurs endurcis, sourds à toutes ses avances.


Le 19 août, puis de nouveau le 13 octobre, Notre-Dame, elle aussi, s’était montrée très affligée. Dans cette contemplation, François a trouvé sa vocation propre, le but de toute sa vie : consoler Dieu, consoler Notre-Dame.


« JE VOUDRAIS CONSOLER NOTRE-SEIGNEUR »


Écoutons sœur Lucie nous rapporter les confidences de son cousin :


« Un jour (sans doute peu après le 13 octobre 1917), je lui demandai: “François, qu’est-ce que tu aimes le mieux: consoler Notre-Seigneur ou convertir les pécheurs afin qu’il n’y ait plus d’âmes à aller en enfer?” “J’aime mieux consoler Notre-Seigneur. Tu n’as pas remarqué combien Notre-Dame, le mois dernier, est devenue triste lorsqu’Elle nous a dit qu’il ne fallait plus offenser Dieu Notre-Seigneur, car II est déjà trop offensé ? Je voudrais consoler Notre-Seigneur et, ensuite, convertir les pécheurs afin qu’ils ne l’offensent plus.” »


Au Cabeço, en 1916, l’Ange déjà, avant qu’ils communient au Corps livré et au Sang versé de Jésus, les avait invités à réparer les offenses envers Jésus-Hostie et à le consoler: « Prenez et buvez, leur avait-il dit, le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats, réparez leurs crimes et consolez votre Dieu. » Bientôt, à Pontevedra, nous le verrons, la Vierge Marie répétera à sœur Lucie la même demande, avec insistance : « Toi, du moins, tâche de me consoler... »


Mais comment remplir cet office sublime ? Par la prière et les sacrifices. Cela, François l’avait bien compris.


CONSOLER DIEU par LA prière. Puisqu’il priait surtout pour consoler son Dieu, François se sentait poussé par la grâce à rechercher la solitude. Il aimait à se retrouver seul, cœur à cœur avec Lui.


« Il parlait peu, raconte Lucie, et pour faire sa prière et offrir ses sacrifices, il aimait se cacher, même de Jacinthe et de moi... De temps en temps, il s’éloignait de nous sans que nous nous en rendions compte. Lorsque nous nous apercevions de son absence, nous nous mettions à sa recherche en l’appelant. Il nous répondait de derrière un petit mur, un arbuste ou un buisson... Il s’était retiré là, à genoux, pour prier et penser à Notre-Seigneur, si triste à cause de tant de péchés, comme il disait.


« Si je lui demandais : “François, pourquoi ne me dis-tu pas de prier avec toi et aussi avec Jacinthe ?” "J’aime mieux prier tout seul, afin de penser, et de consoler Notre-Seigneur qui est si triste ! »


CONSOLER DIEU par LA souffrance. La prière avec le sacrifice sont les deux grands moyens inséparables, — car l’un ne saurait plaire à Dieu sans l’autre —, par lesquels Dieu veut être consolé de tous les outrages qu’il reçoit des pécheurs.


Et se sacrifier, c’est d’abord accepter toutes les souffrances que Dieu nous envoie :


« Quelquefois, François disait: “Notre-Dame a dit que nous aurions beaucoup à souffrir ! Peu importe, je souffrirai tout ce qu’Elle voudra ! Ce que je veux, c’est aller au Ciel.”


« Un jour que je me montrais mécontente de la persécution qui commençait à s’élever contre nous, dans la famille et au-dehors, il essaya de m’encourager en disant: “Laisse faire ! Notre-Dame n’a-t-elle pas dit que nous aurions beaucoup à souffrir, pour réparer tant de péchés qui offensent Notre-Seigneur et son Cœur Immaculé? Ils sont si tristes! Si, avec ces souffrances, nous pouvons les consoler, soyons contents. ” »


C’était encore cette même volonté constante de consoler Notre- Seigneur et le Cœur Immaculé de Marie qui inspirait à François le désir de faire des sacrifices. Écoutons ce charmant épisode :


« Un jour, rapporte encore Lucie, nous allions chez moi, passant devant la maison de ma marraine de baptême. Elle venait de faire de l’hydromel et nous appela pour nous en donner un verre. Nous entrâmes et François fut le premier à qui elle donna le verre pour qu’il boive. Il prit le verre sans le boire, le passa à Jacinthe afin qu’elle boive et moi aussi. Entre­temps, il fit demi-tour et disparut. “Où est François ?” demanda ma marraine. “Je ne sais pas ! Je ne sais pas ! Il était là à l’instant.”


« Il ne reparut pas. Jacinthe et moi, après avoir dit merci, nous allâmes le retrouver, ne doutant pas un instant qu’il ne fût assis au bord du puits dont j’ai si souvent parlé. “François, tu n’as pas bu l’hydromel ! Marraine t’a appelé plusieurs fois mais tu ne t’es pas montré.” “Lorsque j’ai pris le verre, je me suis souvenu soudain de faire ce sacrifice pour consoler Notre-Seigneur et, pendant que vous buviez, je me suis enfui ici.” »



LE SACRIFICE de LA danse et DES chants. S’ils étaient coutu­miers de ces petits sacrifices dont chaque jour de leur vie d’enfants leur présentait tant d’occasions, n’imaginons pas cependant nos trois pastoureaux prenant la mine de tristes ascètes. Sœur Lucie l’a souvent répété : « Nous continuions à jouer comme auparavant. »


Ils demeuraient si simples, si spontanés, si dénués de toute singularité comme de toute contention d’esprit, que leurs proches auraient vite eu tendance à oublier de quelles grâces exceptionnelles le Ciel les avait favorisés. Et les petits compagnons de leur âge attendaient toujours de Lucie que, lors des fêtes, elle organise les jeux et les réjouissances, comme elle le faisait autrefois, avant les apparitions.


Plus d’une fois, raconte-t-elle dans ses Mémoires, ce fut François qui intervint pour l’encourager elle-même à résister à de trop pressantes instances. Ayant si souvent à l’esprit la grande tristesse de Dieu, il sentait spontanément qu’eux du moins à qui la Vierge Marie avait manifesté son immense affliction, ne devaient plus participer à certains jeux ou divertissements, si innocents soient-ils en eux-mêmes.


Un jour, la marraine de Lucie les avait tous trois attirés chez elle avec toute une troupe d’enfants pour avoir le plaisir de les voir chanter et danser:


« En entendant cette mélodie entraînante, toutes les voisines se ras­semblèrent et, lorsque la chanson fut terminée, elles nous demandèrent de la reprendre. Mais François s’approcha de moi et me dit: “Ne chantons plus cela. Notre-Seigneur n’aime certainement pas que nous chantions maintenant ces choses-là.” Et nous nous échappâmes comme nous pûmes, du milieu des enfants, pour aller à notre puits préféré. »


Non, François s’en rendait bien compte, ils ne pouvaient plus se divertir comme des enfants ordinaires.

LE CARNAVAL DE 1918. « Entre-temps, le carnaval de 1918 approchait. Les filles et les garçons se réunirent encore cette année-là pour les repas habituels et les amusements de ces jours. Chacun apportait de chez lui une chose : les uns de l’huile, d’autres de la farine, d’autres de la viande, etc. On rassemblait le tout dans une maison destinée à cette fin, et les jeunes filles cuisinaient un banquet copieux. Pendant ces jours, on mangeait et on dansait jusqu’à des heures tardives de la nuit, spécialement le dernier jour.


« Les enfants jusqu’à 14 ans avaient leur fête dans une autre maison à part. Plusieurs vinrent donc m’inviter afin de pouvoir organiser la fête avec elles. D’abord je refusai. Mais, ensuite, emportée par une lâche condes­cendance, je cédai aux instances de plusieurs, spécialement de la fille et des deux fils d’un homme de Casa Velha, José Carreira, qui mettait sa maison à notre disposition. Lui-même ainsi que sa femme insistèrent pour que j’y aille. Je cédai donc et j’allai avec une bonne troupe voir le local. Une grande salle pour les divertissements, et une bonne cour pour le repas. Tout fut combiné et je revins de là toute en fête mais, au fond, avec une conscience qui me faisait des reproches.


« En arrivant près de Jacinthe et de François, je leur dis ce qui s’était passé. “Et tu retournes à ces repas et à ces divertissements ? me demanda sérieusement François. As-tu oublié que nous avons promis de ne plus jamais y retourner ?” “Je ne voulais pas y aller. Mais tu vois bien que ce sont eux qui ne cessent de me demander d’y aller, et je ne sais comment faire !”



« En vérité, les instances étaient nombreuses, et nombreuses étaient les amies qui s’étaient réunies pour jouer avec moi. Elles venaient même de plusieurs villages assez distants. » Et Lucie, — faisant preuve, une fois de plus de sa mémoire singulière —, d’énumérer ici tous les noms de ses petites compagnes ! « Comment, ainsi, soudainement les décevoir, elles qui parais­saient ne pouvoir s’amuser sans moi, et leur faire comprendre qu’il fallait en finir pour toujours avec de telles réunions ?


«Dieu inspira François: “Sais-tu comment tu vas faire? Tous les gens savent que Notre-Dame t’est apparue. Aussi, dis-leur que tu Lui as promis de ne plus prendre part à des bals et que c’est pour cela que tu n’iras pas. Ensuite, pendant ces jours-là, nous nous échapperons vers la Lapa do Cabeço. Là, personne ne nous trouvera. ”


« J’acceptai la proposition et, étant donné ma décision, personne ne pensa plus à organiser de telles assemblées. Ce fut une bénédiction de Dieu. Et ces amies, qui avant me recherchaient pour se divertir, venaient me chercher à la maison les dimanches après-midi et m’accompagnaient pour aller réciter le chapelet à la Cova da Iria. »


Désormais, fuyant plus que jamais les compagnies trop bruyantes, ce qu’ils recherchent par-dessus tout, c’est à se retrouver dans la solitude, aux lieux bénis où l’Ange leur est apparu, soit à l’Ameiro, auprès du puits, soit au trou du Cabeço, où curieux et importuns ne peuvent les découvrir. Et là, ils prient longuement, répétant, prosternés, les prières de l’Ange.


« Quand furent passés les jours des apparitions du 13 de chaque mois, rapporte Lucie, la veille des autres jours 13, François nous disait: “Écoutez, demain, de bonne heure, je m’échapperai par le jardin pour aller au “trou du Cabeço”, et aussitôt que vous le pourrez, venez m’y rejoindre”.»


UN CŒUR COMPATISSANT


Sensible à la tristesse de Dieu, François l’était aussi aux besoins et aux misères des pauvres gens ou des malades. En quelques brefs récits, sœur Lucie nous fait découvrir combien son cousin était bon et charitable.


« Il y avait là une petite vieille que nous appelions Tante Maria Carreira. Ses fils l’envoyaient parfois faire paître un troupeau de chèvres et de brebis. Ces dernières, peu domestiquées, s’éloignaient quelquefois dans toutes les directions. Lorsque nous la rencontrions ainsi en peine, François était le premier à venir à son aide. Il l’aidait à conduire le troupeau au pâturage et ramenait les bêtes qui s’étaient dispersées. La pauvre vieille se répandait en mille remerciements et l’appelait son ange gardien. »


François n’était pas seulement serviable, il avait un cœur tendre et émotif, porté de façon extraordinaire à la pitié et à la compassion.

Résolution : La consolation

A l'image de François, nous nous efforcerons de consoler Notre-Seigneur par la prière et la pénitence; mais nous n'oublierons pas qu'en le faisant à notre prochain, c'est Notre-Seigneur Lui-même que nous consolons : visite d'un malade, consolation d'un affligé (tout particulièrement, ceux qui souffrent de cette crise dans l’Église)